Quand l’entreprise se mobilise contre une "mort professionnelle "

B. Némirovsky Le Concours médical, 2015, vol.137, n°2, pp.141-142

Tous les jours, 1000 personnes apprennent qu’elles ont un cancer et, parmi elles, 400 sont en activité professionnelle. Mais ces maladies ne sont pas prises en compte en tant que telles au sein de l’entreprise, car le sujet reste encore tabou, la maladie relève du secret médical et ne peut être dévoilée que si les salariés sont consentants tandis que les personnes malades ne savent pas quels sont les interlocuteurs pour trouver les bonnes réponses à leurs questions.
Créée en 2012, Cancer@work, jeune association d’entreprises, est convaincue qu’il est primordial d’ancrer la problématique des situations de cancer dans les stratégies d’entreprise afin d’obtenir des résultats tangibles. Le problème n’est pas seulement humain, mais éminemment organisationnel et économique.
Le programme "Pionniers", décliné sur trois ans, rassemble sur la base du volontariat tous les salariés qui se sentent concernés (malades, managers, services des ressources humaines, CHSCT, etc.). Il propose

  • sensibilisation : libérer la parole,
  • écoute : pour répertorier et analyser les perceptions et les attentes des salariés malades,
  • co-construction de plans d’action : qui seront valisés par la direction, mis en œuvre et réévalués dans un second temps.

L’objectif est d’anticiper la reprise de travail (et notamment de prévoir des visites de préreprise bien en amont de la reprise effective), et de rendre compatible les temps de traitements avec un emploi du temps professionnel.
Au terme de ces trois ans, les "pionniers" mettront à disposition un recueil de bonnes pratiques qui pourra aider les autres entreprises.

(publié le 7 mai 2015)