Risque cardiovasculaire et maintien en emploi

S. Fantoni-Quinton, A-S. Tellart, E. Cambier-Langrand, J-B. Fassier, C. Mounier-Vehier La Presse médicale, 2016, vol.45, n°5, pp. 515-521. Bibliographie.

Le médecin du travail doit veiller à limiter la désinsertion professionnelle.
La question du maintien dans l’emploi trouve sa justification dès lors qu’il y aura inadéquation avérée ou probable entre l’état de santé du salarié et le poste antérieur de travail.
Rien ne doit être traité dans l’urgence et il convient d’anticiper le retour au travail afin que les conditions soient optimales.

Différents outils sont mobilisables en vue du maintien dans l’emploi : la visite de pré-reprise (outil stratégique d’anticipation des situations de désinsertion), les propositions d’aménagement de poste (aménagement technique ou du temps de travail) ou le reclassement professionnel (interne ou externe après éventuelle formation), la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).
Le médecin du travail tiendra compte de l’état de santé physique et psychologique de salarié, de sa situation sociale et économique mais aussi de l’entreprise, du poste de travail et de l’environnement. Il sollicitera l’avis du cardiologue traitant afin d’avoir une évaluation précise du pronostic cardiologique, mais il pourra aussi s’adresser à des cardiologues pour avis médico-professionnels ou à des médecins experts en santé au travail et maintien en emploi des services de pathologies professionnelles. Il évaluera les exigences du poste de travail, notamment en terme de pénibilité cardiaque et prendra en compte les possibilités d’aménagement du poste, voire celles d’un reclassement en fonction des capacités fonctionnelles restantes. Il devra s’assurer entre autres que la reprise ou le maintien au poste de travail n’est pas incompatible avec la nécessaire prise en charge des facteurs de risques cardiovasculaires individuels, ainsi que l’observance thérapeutique.
La décision du médecin est souvent délicate et lourde de conséquences. Cela impose qu’elle soit mûrement réfléchie et discutée avec le salarié, et tous ceux qui concourent à son retour à l’emploi. Un des atouts du maintien dans l’emploi est le lien entre le médecin du travail, le médecin traitant et le cardiologue du salarié, tout cela dans le respect des règles déontologiques, dans l’optique d’une meilleure anticipation et d’une articulation des actions à mener en faveur du salarié.

(publié le 3 novembre 2016)