Surveillance medico-professionnelle du risque lombaire pour les travaileurs exposés à des manipulations de charges

Société française de médecie du travail, INRS, Section rachis de la Société française de rhumatologie, INSERM, Service de santé au travail et éducation à la santé (STES) de l’Université de Liège Références en Santé au Travail, 2013, n°136, pp.91-130. Bibliographie.

L’évolution du monde du travail, le vieillissement de la population active et l’allongement des carrières professionnelles rendent nécessaire la surveillance médico-professionnelle accrue des travailleurs exposés aux manipulations manuelles de charges (MMC).
La Société française de médecine du travail en partenariat avec plusieurs autres sociétés savantes a élaboré des recommandations de bonne pratique, en réponse à la demande de la Direction générale du travail (DGT).
Ces recommandations ont pour but d’améliorer le repérage et l’évaluation des situations professionnelles exposant à des MMC, de définir la surveillance médico-professionnelle adaptée. Elles sont destinées aux médecins du travail, aux infirmiers en santé au travail, aux IPRP ergonomes, psychologues ....
Ces recommandations sont classées en plusieurs chapitres.

  • risques pour la santé des travailleurs exposés à des MMC et paramètres à prendre en compte : il est recommandé d’évaluer le risque rachidien lombaire en tenant compte des situations réelles de travail, des contraintes organisationnelles et des facteurs psychosociaux probablement déterminants des facteurs étiologiques ou pronostiques de lombalgies en milieu de travail :
  • méthodes et outils d’évaluation
    • repérer systématiquement les situations à problème,
    • évaluer le risque dans le cadre d’une démarche ergonomique participative
    • utiliser des outils simples et largement diffusés
    • faire appel le cas échéant, à des experts
    • tenir compte des données collectives issues de la surveillance médicale des travailleurs exposés
    • utiliser les résultats pour conseiller l’entreprise et définir la surveillance médico-professionnelle.
  • surveillance médicale adaptée
    • examen clinique et entretien infirmer : moments propices pour délivrer les informations et faire taire les "peurs et croyances" en restant très attentif au contenu du message délivré qui doit être cohérent au sein de l’équipe pluridisciplinaire, être rassurant sur l’avenir des lombalgiques, dédramatiser les termes médicaux et techniques, proposer un support écrit rappelant les éléments importants de prévention, s’assurer de la compréhension des messages essentiels, renouveler l’information à chaque occasion, utiliser une échelle visuelle analogique pour évaluer la douleur du lombalgique et l’ informer de la possibilité de visites de préreprise an cas d’arrêt prolongé ou répété, évaluer le retentissement de l’incapacité fonctionnelle
    • examens complémentaires : pas d’examen d’imagerie lombaire à l’embauche (pas de valeur prédictive de l’imagerie sur la survenue ultérieure d’épisodes lombalgiques, irradiation inutile), mais avis spécialisé en cas de trouble grave ou d’antécédents de chirurgie rachidienne ;
  • mesures collectives et individuelles pour la prévention du risque lombalgique
    • études de postes en vue de l’amélioration des conditions de travail
    • adaptation des conditions de travail
    • campagnes d’information et de sensibilisation
    • éducation et formation des travailleurs à la manutention
    • programmes d’exercices physiques
    • intervention ergonomique participative sur les situations de travail
    • prévention de la désinsertion professionnelle chez les travailleurs en arrêt de travail

Cette synthèse ne reproduit que des informations parcellaires. Il est important pour tout acteur de la santé au travail de lire in extenso ces recommandations.

(publié le 18 février 2014)