Devenir des salariés après une inpatitude médicale

A. Rondi, S. Fantoni-Quinton Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2017, vol.78, n°5, pp. 412-420. Bibliographie
Il s’agit d’une étude prospective en deux temps : d’abord un questionnaire rempli par les médecins du travail de 3 services de santé au travail de la région Nord-Pas de Calais lors de chaque visite conduisant à une décision d’inaptitude définitive et secondairement les salariés étaient recontactés par téléphone 6 mois après la décision d’inaptitude pour connaître leur situation socioprofessionelle.
Parmi les 154 questionnaires récupérés, 80 sujets ont pu être joints par téléphone.
La plupart des sujets était âgée de plus de 55 ans et 80,1% avaient un niveau d’études inférieur au BAC. Les pathologies à l’origine de l’inaptitude sont à 62,3% rhumatologiques et à 13% psychiatriques. Des acteurs de maintien dans l’emploi ont été mobilisés dans 51,6% des cas. Selon les médecins du travail, 33,8% des salariés étaient motivés pour rester en emploi dans leur entreprise et 56,5% pour rester dans l’emploi hors de leur entreprise. Sur les sujets non motivés, 78% étaient âgés de plus de 55 ans et aucun lien significatif n’a été trouvé avec une pension d’invalidité ou un taux d’IPP supérieur à 10%.
Seuls 6,3% des salariés contactés à 6 mois avaient été reclassés et 64,9% des sujets licenciés étaient au chômage. 25% des sujets en emploi avaient dû suivre une formation, la moitié des personnes avaient généré leur propre emploi en devenant auto-entrepreneur, mais même pour les personnes en emploi, le retour à la vie active reste relativement long.
Il apparaît dès lors important de privilégier toujours plus les actions de maintien dans l’emploi très en amont de l’inaptitude. Cette notion est présente dans le Code du Travail où il est spécifié qu’un salarié qui anticipe un risque d’inaptitude peut à tout moment demander un examen médical auprès du médecin du travail. "Le maintien dans l’emploi des salariés mis en inaptitude reste une priorité, à la fois du législateur et des médecins et doit mobiliser toutes les ressources des services de Santé au travail".
(publié le 11 janvier 2018)