La visite de pré-reprise avec notification de fin d’indemnités journalières : un facteur défavorable au maintien dans l’emploi ?

R. Courtois, A. Lefebvre, J-F. Gehanno Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2019, vol.80, n°2, pp. 108-114. Références

"On pourrait s’attendre à ce que, pour le médecin du travail, la visite de pré-reprise ait pour vocation de mettre en place un dialogue entre le médecin-conseil et le médecin du travail sur les possibilités du maintien dans l’emploi". Mais qu’en est -il vraiment ?

Une étude descriptive transversale a été réalisée en Normandie, portant sur les visites de pré-reprise réalisées auprès des médecins du travail à la demande des médecins-conseils. 64 médecins sur les 200 des départements de Seine-Maritime et Eure ont répondu et les données collectées ont concerné 641 salariés (87% relevant des services interprofessionnels et 13% relevant du secteur BTP).
Le médecin du travail a renseigné la possibilité de maintien dans l’emploi pour 52% d’entre eux, soit 415 salariés. Le maintien dans l’emploi est apparu plus difficile pour les salariés du BTP (61% versus 45% pour les autres salariés).

Chez les salariés n’ayant pas fait l’objet d’une notification de fin d’indemnités journalières (IJ), le maintien dans l’emploi était plus souvent possible (70%) par rapport à ceux ayant reçu une notification (36%).
Une concertation entre médecins-conseils et médecins du travail est indispensable pour faciliter le maintien dans l’emploi. L’orientation vers le médecin du travail par le médecin-conseil doit se faire dans la sérénité suffisamment loin de la fin des IJ afin qu’il y ait place pour la réflexion et la mise en œuvre d’outils de maintien efficient.
Cela évitera au médecin la rédaction quasi contrainte d’avis d’inaptitude aboutissant la plupart du temps à un licenciement.
Il faut que le médecin du travail puisse pleinement valoriser ses actions au profit du maintien des travailleurs dans l’emploi.

(publié le 16 septembre 2019)