Prendre en compte les comorbidités et les conséquences sur la vie sociale

B de Toffol La Revue du Praticien, 2017, vol.67, n°3, pp. 279-282. Bibliographie
La prise en charge d’une personne épileptique consiste à évaluer l’existence de comorbidités cognitives et psychiatriques éventuellement associées à l’épilepsie, et la seconde à évaluer les conséquences concrètes de la survenue des crises.
Les comorbidités dans l’épilepsie sont bidirectionnelles : agissant comme cause ou comme conséquence.
Un quart des personnes épileptiques ont un trouble cognitif associé sous la forme d’un retard mental ou de troubles de l’apprentissage. Par ailleurs, l’existence de troubles cognitifs même modérés est prédictive d’un moins bon contrôle des crises.
La moitié des patients épileptiques auront un trouble psychiatrique caractérisé (troubles dépressifs, anxiété, troubles psychotiques) à une période quelconque de leur existence. Chez les sujets épileptiques, les suicides sont 5 fois plus fréquents et les troubles psychotiques 8 fois plus fréquents que dans la population générale.
Tous ces événements ont des conséquences sur la vie personnelle, la vie sociale et la vie professionnelle.
Il faut aussi considérer la situation de l’épileptique vis-à-vis de la conduite automobile et s’efforcer de trouver des solutions pratiques plutôt que d’édicter une inaptitude temporaire ou non.
Certains métiers sont aussi incompatibles avec la maladie épileptique. Il convient d’engager rapidement la procédure de reconversion professionnelle afin de favoriser un retour au travail.
Il est dès lors important que collaborent tous les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de la personne épileptique, à savoir neurologues, psychiatres, psychologues, médecins traitants, médecins du travail, travailleurs sociaux et professionnels de l’insertion.
Une reconnaissance de travailleur handicapé est une procédure médico-légale utile quand l’épilepsie est pharmacorésistante, pour favoriser le maintien dans l’emploi.
(publié le 2 juin 2017)