Quand la maladie remet le travail à sa place

E. Fayner HesaMag#18
Le magazine de l’Institut syndical européen, 2e semestre 2018, pp. 41-44
L’espérance de vie s’allonge, les carrières aussi et un peu partout dans l’Union européenne, les hommes et les femmes vont travailler plus tard et notamment durant leur soixantaine.
Or c’est à cette période de la vie qu’apparaissent la majorité des cancers. Les traitements de plus en plus efficaces font que les Européens sont de plus en plus nombreux à être malades tout en travaillant.
Or les maladies chroniques se caractérisent par des périodes critiques et des périodes de stabilité ainsi que par leur évolution imprévisible. "Elles sont souvent sous-estimées, niées, mal comprises et ne font guère l’objet de débat au sein du monde du travail". Néanmoins, elles constituent un risque accru de perturbation de la vie professionnelle (absentéisme, imitation de l’activité, incapacité, perte ou changement d’emploi...). Mais nombreuses sont les personnes malades à souhaiter retrouver une activité professionnelle non seulement pour des raisons financières mais souvent aussi pour éviter "l’enfermement dans le statut social de malade".
En France, "certaines entreprises ont signé la charte Cancer et Emploi, proposée par l’INCa (Institut National du Cancer) pour s’impliquer dans le maintien et le retour à l’emploi de leur personnel touché par la maladie ". Il existe aussi des "groupes de parole", "des groupes d’entraide et de soutien .....qui privilégient l’échange entre pairs et qui se déploient notamment dans les milieux associatifs, ou des groupes de type éducation thérapeutique, plutôt inscrits en milieu hospitalier et des groupes psychothérapeutiques aux orientations diverses.
Enfin entre 2010 et 2013 , a été initiée une " recherche action" financée par l’INCa et le Cancéropôle d’Île-de-France et des "clubs maladies chroniques et activité" ont été créés afin de mieux comprendre les freins et les difficultés au retour ou maintien dans l’activité et de mettre en place des actions qui facilitent le travail sans nuire à la santé. Ils sont destinés aux personnes qui souhaitent reprendre une activité, un travail ou un emploi. C’est un lieu d’échanges entre pairs et c’est le débat collectif qui fait la force de ces groupes, " les échanges permettant finalement de déprivatiser l’expérience de la maladie au travail".
(publié le 20 février 2019)