Reprise de l’activité professionnelle après un cancer

C. Alleaume, P-J. Bousquet, A-D. Bouhnik, P. Peretti-Watel, M-K. Bendiane La Revue du Praticien, 2019, vol.69, n°4, pp. 449-453. Références
Proposée à environ 4000 personnes âgées de 18 à 82 ans, après diagnostic de cancer, l’enquête VICAN 2 (la vie deux ans après un diagnostic de cancer) avait montré une dégradation de la vie professionnelle avec une baisse du taux d’emploi et une augmentation du chômage.
Dans le prolongement de ces travaux, l’enquête VICAN 5 (5 ans après un diagnostic de cancer) montre une situation toujours dégradée pour les personnes les plus vulnérables sur le marché du travail et trois thématiques sont particulièrement investiguées.
Si les travailleurs indépendants ont une probabilité minorée de sortir de l’emploi par rapport aux travailleurs salariés, ils sont plus nombreux que les salariés à avoir des difficultés financières, en lien avec le manque de couverture sociale obligatoire des professions libérales, les contraintes spécifiques des professions libérales plus souvent amenées à réduire leurs arrêts maladie pour des raisons financières ou relatives au fonctionnement de leur entreprise.
Les séquelles liés à la maladie ou à ses traitements peuvent impacter le retour au travail. 63,5% des personnes interrogées déclarent conserver des séquelles : fatigue, troubles anxieux, troubles dépressifs, douleurs neuropathiques chroniques.
L’aménagement du poste de travail est fortement lié à un maintien en emploi ; et plus spécifiquement, le travail à temps partiel favorise le maintien dans l’emploi. Néanmoins, les chances sont inégales selon les travailleurs et son accès est fortement associé à différentes caractéristiques socio-démographiques et professionnelles.
Les professionnels de santé et tout particulièrement le médecin traitant ont un rôle clé à jouer pour optimiser la prise en charge individuelle et accompagner le patient dans la reprise ou la poursuite de son activité professionnelle.
(publié le 26 juillet 2019)