Retour à l’emploi après un accident de travail :
une coordination entre médecin du travail et médecin-conseil d’assurance est-elle possible ?

L.Paggetti, M. Muller, P. Mariaux Santé Publique, 2016, vol.28, n°5, pp.603-612. Bibliographie
Parmi les professionnels intervenant dans le retour au travail après accident, le médecin-conseil et le médecin du travail pourraient peut être plus collaborer pour le maintien dans l’emploi.
Pour mieux comprendre les freins à cette collaboration, une étude a été menée en Belgique.
Six médecins-conseils (MC) travaillant dans un centre externe de prévention et protection au travail (SEEP) et 8 conseillers en prévention-médecin du travail (CPMT), ayant 10 à 25 ans d’expérience professionnelle ont participé à des entretiens au cours desquels ont été explorées les différentes dimensions du modèle RDIC (Resource Dependance Institutional Cooperation), autour de trois concepts : la coopération (l’accord des parties), la capacité et la volonté à coopérer et les facteurs qui facilitent cette volonté et cette capacité à coopérer.
Il apparaît que les points de vue sont d’emblée divergents : le MC voyant dans l’accidenté, un assisté, un revendicateur, voire un simulateur ; le CPMT ayant généralement de l’empathie pour ces victimes d’accident du travail et exprimant une forte sensibilité à leur fragilité, à leur santé physique et psychique. A ces différences de perception, s’ajoutent la méconnaissance du contexte de travail de l’autre profession et le manque de ressources indépendantes entravant la volonté de collaboration (manque de temps et de moyens organisationnels). Par ailleurs la perception mutuelle des MC et des CPMT n’est pas très positive et la confiance n’est pas vraiment réciproque.
Comme facteurs favorisant la coopération entre CPMT et MC, il manque une garantie de confidentialité des informations transmises et leur bon usage, l’indépendance du médecin du travail, une formalisation de la concertation, une promotion de la médecine du travail par les médecins du travail eux-mêmes, la connaissance des confrères entre eux.
Une première piste d’amélioration pourrait être un annuaire des professionnels et des rencontres entre les deux fonctions afin d’amorcer le dialogue entre les différents acteurs.
(publié le 27 décembre 2016)