Retour à l’emploi après un cancer du sein

A-G. Moulun Le Quotidien du Médecin, 2017, n°9605, p.22

Le projet FASTRACS (FAciliter et Soutenir le retour au TRAvail après un Cancer du Sein), coordonné par Jean-Baptiste Fassier, médecin du travail et chercheur au laboratoire UMRESTTE (Université Claude Bernard Lyon 1), vise à développer, implanter et évaluer une intervention pour faciliter la reprise du travail, le maintien dans l’emploi et la qualité de vie au travail après un cancer du sein.

Le cancer du sein provoque chaque année, 63 000 nouvelles admissions en affection de longue durée. Il touche certes les femmes âgées, mais aussi de nombreuses femmes en activité professionnelle.
Pour les 93% des femmes qui ont perdu leur emploi après un cancer du sein, cela s’est passé dans les deux ans qui ont suivi le diagnostic.
Si le pronostic de cette affection est bon (taux de survie de 97% à un an et 85% à 3 ans), la reprise de travail peut être difficile en raison de facteurs médicaux (effets du cancer et du traitement), de facteurs socio-démographiques (âge élevé ou manque de qualification), facteurs psychologiques (fragilisation, angoisse, dépression), de facteurs environnementaux (familiaux ou professionnels).
Le lien avec l’organisation est très variable durant l’arrêt : de la rupture totale jusqu’au travail, malgré les soins.
Lorsque se profile la reprise, il existe souvent une indécision, des inquiétudes mais aussi parfois des attentes positives disproportionnées.

L’important est :

  • d’anticiper la reprise (trop souvent tardive et insuffisante),
  • de coordonner tous les professionnels de santé (notamment cancérologues, médecins traitants, médecins du travail),
  • de former et d’informer les managers de proximité et les collègues,
  • de nommer un responsable dédié dans les grandes structures.

Le projet devrait se poursuivre jusqu’en 2020.

(publié le 16 octobre 2017)