A la recherche des « tumeurs professionnelles perdues » : une évaluation systématique de l’exposition professionnelle dans une série de cas d’épithéliomas cutanés spinocellulaires.
Alla ricerca dei « tumori professionali perduti » : valutazione sistematica dell’esposizione professionale in una serie consecutiva di carcinomi cutanei spinocellulari

M. Bonzini, N. Facchinetti, A. Motolese, M. Casà, D. Parassoni, M. Lega, M. Lombardo, R. Borchini, M.M. Ferrario La Medicina del Lavoro, 2013, vol. 104, n°3, pages 224-235. Bibliographie.

Les cancers cutanés sont des tumeurs avec une étiologie professionnelle potentielle due à l’exposition à des cancérogènes avérés comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les radiations ionisantes, les rayons ultraviolets (UV) et l’arsenic. L’origine professionnelle de tels néoplasmes est largement sous-estimée en Italie. L’objectif de cette enquête était d’évaluer la proportion de cas d’épithéliomas spinocellulaire (ESC) comportant une exposition professionnelle antérieure à des cancérogènes. Les auteurs ont systématiquement évalué l’exposition professionnelle dans une série de cas consécutifs, issus du service de dermatologie de l’hôpital de Varese, dans le nord de l’Italie, au cours de la période 2010-2011, avec un diagnostic histologique de ESC. A l’aide d’entretiens téléphoniques structurés, les Auteurs ont identifié les patients ayant eu une exposition potentielle à des cancérogènes cutanés. En seconde étape, une évaluation approfondie par un médecin du travail a été réalisée pour évaluer l’étiologie professionnelle pour ces cas sélectionnés. Cent cinq patients ont été identifiés (65 hommes). Quinze cas masculins sur un total de 85 patients qui avaient eu l’entretien téléphonique, ont révélé une exposition professionnelle potentielle. Sept cas ont été confirmés comme des cancers professionnels après la seconde étape d’évaluation (la proportion de cas professionnels masculins était de 13,2 %). Les rayonnements UV et les HAP ont été reconnus comme les agents responsables prédominants. En appliquant ces résultats aux données nationales d’incidence, les auteurs ont estimé un nombre de 700 cas professionnels annuels, soit 100 fois plus que les cas actuellement évalués par l’Autorité Nationale de Réparation des Travailleurs.

En conclusion, ces résultats révèlent que l’épithélioma spinocellulaire professionnel est encore à présent une « maladie perdue » conséquente en Italie. Une plus grande attention et une amélioration de la collaboration entre spécialistes est donc nécessaire pour inverser cette tendance.

(publié le 22 juillet 2013)