Agents cancérogènes pulmonaires : surveillance médico-professionnelle des travailleurs exposés

F. Delva, J. Margery, P. Brochard, F. Laurent, J-C. Pairon pour le groupe de traval RecoCancer Prof Le Concours Médical, 2016, n°4, pp. 308-320
Le médecin du travail doit apporter une attention particulière aux informations concernant les expositions actuelles et passées aux cancérogènes. Celles-ci doivent être archivées dans le dossier médical de santé au travail. Y seront notées la nature des expositions ou des travaux réalisés, la date de début de l’exposition, la durée d’exposition, les données métrologiques et biométrologiques quand elles sont disponibles.
Parallèlement le médecin du travail doit informer de manière adaptée et pertinente, les personnes susceptibles d’être ou d’avoir été exposées professionnellement à des cancérogènes sur les caractéristiques de cette exposition et les risques pour la santé associés.
Le médecin notera les expositions conjointes (tabac), les autres facteurs de risques et les dispositifs de prise en charge existants.
En fin de carrière, l’employeur transmettra une attestation d’exposition aux salariés concernés et le médecin du travail renouvellera l’information sur les caractéristiques de cette exposition, les risques de santé associés et proposera les modalités du suivi post-professionnel.
Les salariés qui quittent l’entreprise (hors motif retraite) dès lors que l’emploi a duré plus d’un an devraient bénéficier de cette même visite. Le médecin du travail délivrera au salarié son curriculum laboris, le volet médical de l’attestation d’exposition et une synthèse des éléments de surveillance médicale dans la perspective d’un suivi post-professionnel par le médecin traitant.
Pour les salariés ayant été exposés professionnellement à des agents cancérogènes pulmonaires à haut risque de cancer broncho-pulmonaire (CBP), une expérimentation de dépistage du CBP par scanner thoracique faiblement dosé est recommandée. Elle permettra d’évaluer la faisabilité de ce dépistage. En dehors de cette expérimentation, ce dépistage du CBP par scanner thoracique n’est pas recommandé par les experts.
Les fumeurs quant à eux seront orientés pour une prise en charge du sevrage tabagique.
(publié le 3 octobre 2016)