Les phtalates. Point sur la réglementation en vigueur

A-M. Saillenfait Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol.76, n°1, pp. 32-35. Bibliographie
Les phtalates sont très utilisés comme plastifiants et sont présents dans de multiples articles. Ils se libèrent facilement dans l’environnement, notamment par abrasion ou par contact avec des graisses. Leurs métabolites sont retrouvés de façon constante dans les urines de la population générale en Europe, Asie ou États-Unis.
L’imprégnation humaine se fait via de nombreux produits de consommation par ingestion, contact cutané prolongé ou inhalation, en particulier quand ils sont utilisés sous forme d’aérosols concentrés, ou à chaud et sous pression.
Les études chez le rongeur les classent parmi les perturbateurs endocriniens.
Chez l’homme, les études épidémiologiques suggèrent que l’exposition à des phtalates pourrait constituer un risque potentiel pour le développement et la reproduction mais les résultats ne sont pas convergents et les effets des expositions pendant la grossesse restent débattus.
L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a classé certains phtalates 1A ou 1B (substances à risque reprotoxique - effets sur la fonction sexuelle et la fertilité et effets néfastes sur le développement des descendants -) et plusieurs phtalates sont considérés comme substances extrêmement préoccupantes (règlement REACH).
Il s’ensuit l’interdiction de certains phtalates dans les emballages alimentaires en contact avec des aliments gras et l’obligation de limites de migration pour d’autres applications alimentaires. Sont concernés également les jouets, les articles de puériculture, les dispositifs médicaux, les excipients de certains médicaments, les cosmétiques.
En ce qui concerne les expositions professionnelles, des valeurs limites atmosphériques existent pour quelques phtalates et des valeurs guides ont été proposées pour la surveillance biologique du DEHP di(2-éthylhexyl)phtalate.
Les dispositions réglementaires vont continuer à évoluer afin de prendre en compte les nouvelles connaissances et intégrer les stratégies et les prises de décision nationale et européenne sur les perturbateurs endocriniens (principe de précaution et réduction des expositions).
(publié le 11 mai 2015)