Performance de la radiographie thoracique et du scanner thoracique pour le dépistage du cancer du poumon chez les travailleurs exposés à l’amiante.

Performance of radiograph and CT scan for lung cancer sowening in asbestos-exposed workers. B. Clin, F. Morlais, L. Guittet, A. Gislard, M-F. Marquignon, C. Paris, J-F. Caillard, G. Launay, M. Letourneux Occupational and Environmental Medicine, 2009, vol.66, n°8, p. 529-534. Bibliographie.
Les objectifs de cette enquête multicentrique française étaient de comparer, au sein d’une cohorte de travailleurs exposés à l’amiante, la sensibilité et la spécificité du scanner thoracique hélicoïdal à faible irradiation (T scan) avec la radiographie thoracique pour le dépistage du cancer broncho-pulmonaire, en fonction de la taille des nodules détectés.
La procédure du dépistage consistait tous les deux ans, en une radiographie thoracique et un scanner thoracique monodétecteur (T scan), réalisés chez 972 sujets qui avaient été fortement exposés à l’amiante. Un total de 2 555 procédures de dépistage a été effectué. L’enquête porte sur les 1230 procédures de dépistage pour lesquelles une période de suivi de 2 ans était disponible.
Vingt quatre cas de cancer bronchopulmonaire ont été diagnostiqués. Le T scan a détecté 20 cancers dont 12 n’avaient pas été dépistés par la radiographie thoracique. Les sensibilités de la radiographie thoracique et du T scan étaient respectivement de 33% et 83%, les lésions mesurant plus de 2 mm de diamètre étant considérées comme suspectes. La spécificité de la radiographie thoracique et du T scan étaient respectivement de 95% et 78%.
Les calculs du ratio différentiel faux positif / vrai positif (FP/VP) et la courbe des caractéristiques liées à l’opérateur, réalisés pour à la fois la radiographie thoracique et le T scan ont facilité la détermination du meilleur compromis possible entre spécificité et sensibilité, en fonction du diamètre limite appliqué pour considérer un nodule comme suspect.
En conclusion, bien que cette étude confirme la sensibilité supérieure du scanner thoracique par rapport à la radiographie thoracique standard, la perte associée en spécificité conduit à recommander un diamètre de 5 mm comme limite de détection pour considérer des lésions non calcifiées comme "suspectes", dans le cadre de la surveillance de sujets exposés à l’amiante.
(publié le 27 avril 2010)