Quand le travail est santé.

Quando il lavoro è salute F Toffoletto La Medicina del Lavoro, 2010, vol. 101, supplément 2, 95 pages.

La Medicina del Lavoro a consacré un numéro entier aux actes du congrès "Quand le travail est santé" qui s’est tenu à Milan le 31 Octobre 2009. Franco Tofoletto, l’éditeur de ce numéro spécial, explique que la médecine du travail a toujours été concernée par les aspects négatifs du travail sur la santé humaine. Beaucoup plus rarement les effets positifs possibles du travail sur la santé ont été étudiés et mis en évidence. En fait, le fond culturel de la médecine du travail a suivi pendant de nombreuses années le développement d’une vision principalement négative du travail, qui est perçu comme une activité détériorante, comme la cause inévitable de détérioration physique et psychique, de maladie et d’accident. Souvent la fatigue du travail est liée à une maladie ou au moins à un symptôme de maladie et il est ancré dans les esprits qu’une telle affection ou mal-être doit être "traité" par la réduction ou l’élimination du travail. De ce fait, le travail est assez souvent considéré comme une sorte de préjudice négatif, ce qui exclut la possibilité de faire ressortir et de comprendre les aspects positifs du travail sur la qualité de vie et aussi spécifiquement sur la santé.

Le but de ce congrès était d’élargir l’horizon de la culture du travail, en le réévaluant comme une réalité intrinsèquement utile pour le bien-être complexe de l’homme, en reconnaissant une positivité radicale de la mise en oeuvre, du "pouvoir faire", non seulement du point de vue socio-économique, mais aussi, dans de nombreux cas, du point de vue de la santé psychophysique. Dans cette optique, la communication du Professeur Pier Laberto BERTAZZI (Milan) : "le travail comme besoin humain et facteur de santé" est particulièrement intéressante.

Pour concrétiser ces affirmations, les organisateurs du congrès ont voulu impliquer des expériences pratiques sur ce thème, très différentes les unes des autres. Ainsi, celle d’un médecin du travail : Terenzio Cassina qui a présenté plusieurs réflexions et quelques exemples issus de son activité de terrain. Ensuite, des expériences qui sont un peu en marge de notre discipline, comme les activités de réhabilitation (communication de Rossana Borchini) et les thématiques du vieillissement développées dans les présentations de Giovanni Costa et de Giovanni De Vito.

Mais les organisateurs ont voulu rencontrer aussi des expériences et des domaines qui normalement n’entrent pas dans la sphère de la médecine du travail, mais qui expriment de manière évidente l’effet positif du travail : pour l’intégration des immigrés (communication de Stefano Porru) ; pour la thérapie psychiatrique (communication de Marco Bertoli) ; pour la réhabilitation sociale des jeunes marginaux et dans le milieu carcéral (traitée dans les présentations de Jacopo Vignali et de Nicola Boscoletto).

Ces actes du congrès de Milan constituent une référence dans ce domaine peu étudié jusqu’alors.

(publié le 6 juin 2011)