Facteurs de risques de séropositivité à la leptospirose chez les travailleurs des abattoirs dans l’Ouest du Kenya
Risk factors for leptospirosis seropositivity in slaughterhouse workers in western Kenya

E. Cook, W. de Glanville, L. Thomas, S. Kariuki, B. de Clare Bronsvoort, E. Fèvre Occupational and Environmental Medicine, 2017, vol 74, n°5, pages 357-365. Bibliographie.

L’existence de la leptospirose dans les abattoirs du monde entier est documentée. Les facteurs de risque incluent le tabagisme et la consommation d’alcool au travail ainsi que la réalisation de tâches telles que le nettoyage des abats.
Cette étude conjointe du Royaume-Uni et du Kenya, a été menée entre mai 2011 et octobre 2012. Des questionnaires ont été utilisés pour recueillir des informations auprès des travailleurs sur leurs données démographiques, leurs pratiques en matière d’hygiène et de santé dans les abattoirs.
Un test ELISA a détecté les anticorps contre Leptospira Spp dans des échantillons de sérums.
Une analyse de régression logistique multiniveaux a identifié des facteurs associés à la séropositivité à la leptospirose.

Au total, 737 travailleurs de 142 abattoirs ont été recrutés. La séroprévalence des anticorps contre Leptospira Spp était de 13,4 % (IC 95 % de 11,1 à 16,1%).
Les facteurs de risque incluaient le fait d’avoir des plaies (OR = 3,1 ; IC 95 % de 1,5 à 6,1), de fumer (OR = 1,8 ; IC 95 % 1,1 à 2,9) , de manger au travail (OR = 2,1 ; IC 95 % de 1,2 à 3,6), de nettoyer les abats (OR = 5,1 ; IC 95 % de 1,8 à 15,0), d’utiliser un trou de forage pour un usage personnel de l’eau (OR = 2,3 ; IC 95 % de 1,1 à 4,7).
Au niveau de l’abattoir, les facteurs de risque comprenaient le fait de travailler sous un toit (OR = 2,6 ; IC95 % 1,2 à 5,6) et d’extraire de l’eau d’un puits (OR = 2,2 ; IC 95 % de 1,2 à 4,0).
Les facteurs de protection incluaient le travail dans les abattoirs où l’inspection ante-mortem a été menée (OR = 0,6 ; IC 95 % de 0,4 à 1,0) et où les travailleurs portaient des tabliers protecteurs (OR = 0,4 ; IC 95 % de 0,2 à 0,7).

Cette étude est la première qui traite de la séroprévalence de la leptospirose chez les travailleurs des abattoirs au Kenya. Des facteurs de risque potentiels ont été identifiés et cette information pourrait être utile pour éduquer les travailleurs vis-à-vis des risques de maladie et des moyens de prévenir ou de réduire la transmission.

(publié le 15 décembre 2017)