Mauvais état de santé en tant que facteur de risque potentiel de perte d’emploi due à l’automatisation : le cas de la Norvège.
Poor health as a potential risk factor for job loss due to automation : the case of Norway

P. Hessel, S. Christiansen, V. Skirbekk Occupational and Environmental Medicine, 2018, vol 75, n°3, pp. 227-230. Bibliographie.

Cette étude norvégienne quantifie la relation qu’il peut y avoir entre des caractéristiques de santé des travailleurs et le risque potentiel de perte d’emploi dû à l’automatisation.

En lien avec l’enquête statistique norvégienne sur les revenus et les conditions de vie (N = 6393) avec les probabilités prédites d’automatisation par profession, les auteurs ont utilisé des tests de Kruskal-Wallis et des modèles linéaires généralisés multivariés pour évaluer l’association entre maladies chroniques et les risques d’automatisation du travail.

Les personnes atteintes de maladies longue durée ont plus de risque de perdre leur emploi du fait de l’automatisation. Alors que le risque moyen d’automatisation des tâches est de 57 % pour les hommes et de 49 % pour les femmes, atteints de maladies chroniques, le risque est seulement de 50 % pour les hommes et de 44 % pour les femmes avec des limitations (p> 0,001). Après contrôle sur le facteur tel que l’âge, avoir une maladie de longue durée augmente significativement le risque relatif de faire face à un processus d’automatisation des tâches chez les hommes (ratio de risque RR = 1,13 ; IC 95 % 1,09 à 1,19) ainsi que chez les femmes (RR = 1,11 ; IC 95 % 1,05 à 1,17). Alors que chez les hommes, l’association entre avoir une maladie chronique et le risque d’automatisation des tâches reste importante lorsque l’on tient compte du statut éducatif et des revenus, elle devient non significative chez les femmes.

Ainsi, les personnes ayant une mauvaise santé sont susceptibles d’avoir plus de risque de subir une évolution technologique et donc d’avoir une détérioration des perspectives d’emploi dans leur profession qui est proportionnellement plus susceptible d’être automatisée. Même si cette dégradation de l’emploi liée à la technologie dépend de plusieurs facteurs ; elle engendre aussi des conséquences négatives sur la perte d’emploi, sur la santé et le bien-être. Ce processus représente un défi important en terme de santé publique et d’équité sociale.

(publié le 18 septembre 2018)