Santé au travail et management : vers une convergence

W. Dab Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2010, vol.71, n°4, pp.668-670. Bibliographie.
Le rapport "Bien être et efficacité au travail" remis au premier ministre par Muriel Pénicaud débute par une affirmation forte : la santé des salariés est d’abord l’affaire des managers, elle ne ne peut pas s’externaliser.
Est-ce à dire, s’interroge William DAB "que les médecins du travail et les services de santé au travail sont marginalisés, que leur rôle est accessoire dans l’esprit des rapporteurs ?" Ce rapport énonce que les professionnels de santé au travail ont une efficacité limitée ; mais toutefois, il recommande explicitement aux entreprises de s’appuyer sur les services de santé au travail.
En fait il est proposé dans ce rapport une vision complète de la santé au travail qui tente de prendre en compte l’ensemble des déterminants individuels, psychologiques et environnementaux des risques psychosociaux ; et il devient nécessaire d’impliquer l’ensemble de la ligne managériale dans la protection de la santé de l’homme au travail.
Cette vison qui ne fait pas de la santé une simple affaire individuelle se retrouve également dans l’accord sur le harcèlement et la violence où il est en effet reconnu que "l’environnement de travail peut avoir une influence sur l’exposition des personnes au harcèlement et à la violence". Le véritable enjeu pour les rapporteurs est "le bien-être des salariés et leur valorisation comme principale ressource de l’entreprise".
Ces textes réclament un outil de mesure et notamment plaident pour une véritable approche de surveillance épidémiologique, c’est-à-dire un suivi longitudinal plutôt qu’un éclairage ponctuel. Il faut mettre en place des outils suffisamment simples et robustes pour être utilisés à intervalles réguliers par les entreprises. Cette surveillance n’est pas une fin en soi mais répond à la nécessité d’anticiper et de prendre en compte l’impact humain des changements.
Ces textes plaident pour des programmes de formation qui intégreraient la dimension relative à la conduite des hommes et des équipes et aux comportements managériaux. Il serait également pertinent aux yeux de William DAB "d’envisager des modules de formation qui soient communs aux managers et aux médecins, notamment pour tout ce qui concerne la mesure des états de santé et leur surveillance ainsi que la définition des plans d’action".
(publié le 9 décembre 2010)