Bien-être au travail dans le secteur du nettoyage

Prevent Focus, 2011, n°1, pp.18-20
Le secteur du nettoyage se compose de petites et très petites entreprises. Le personnel effectue des tâches de toutes sortes au sein d’une autre entreprise ou chez des particuliers, ce qui constitue un vaste éventail d’environnements. Les femmes forment la majorité du personnel (70%) le plus souvent à temps partiel. 30% sont d’origine étrangère.
La sous traitance des tâches de nettoyage place les entreprises sous pression (réduction des coûts sans réduction de qualité des prestations), ce qui entraîne une réduction des mesures de formation interne et de gestion, au détriment des conditions de travail des employés sur le terrain.
Le personnel est soumis à des expositions chimiques (composés organiques volatils, biocides, acides, bases, additifs ....) de par la constitution des produits mais aussi de par la manière de les utiliser (surdosage, mélange de plusieurs produits, non-respect du mode d’emploi) ou de les stocker et du fait d’un manque de formation au décryptage des pictogrammes et des fiches de sécurité.
Le personnel est exposé aux risques biologiques : microorganismes (bactéries, virus, champignons) et leurs dérivés comme les endotoxines bactériennes mais aussi agents pathogènes dans les secteurs hôtelier et des soins de santé.
Le personnel est soumis à une charge physique importante notamment pour l’appareil locomoteur et le système cardiovasculaire du fait de positions inconfortables, du manque d’ergonomie de l’environnement de travail et du matériel ce qui est pourvoyeur de troubles musculosquelettiques. Il est soumis au bruit, à la chaleur et parfois à des champs magnétiques (en secteur hospitalier).
Les horaires sont le plus souvent flexibles (temps partiel, horaires intermittents, heures matinales ou en soirée ou la nuit), ce qui induit isolement social, perturbation de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, fatigue, risque d’agression.
Il est nécessaire d’approfondir la question des risques et de mettre l’accent sur le contrôle et le suivi de la santé des employés d’autant que ce secteur manque de formation et de sensibilisation aux risques. Il est indispensable également d’améliorer la communication et le suivi des responsabilités de toutes les parties prenantes.
(publié le 17 mars 2011)