Etat des lieux des sources d’information sur la prévention primaire des cancers d’origine professionnelle pour les médecins du travail : besoins et perspectives

C. Chauvet, C. Ménard, C. Paris, L. Tordjman, P. Verger, M. Fontaine, P. Maladry, M. Ruetsch Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2012, vol. 73, n° 6, pp.829-838. Bibliographie
L’Institut national du cancer (INCa) a commandité une enquête quantitative auprès de 602 médecins du travail résidant en France métropolitaine (interrogés par l’institut de sondages BVA par téléphone). En complément, des interviews semi-dirigées individuelles en face-à-face et des focus groupes ont été réalisés (par l’institut de sondage IPSOS) auprès de 18 médecins du travail résidant en France métropolitaine et qui n’avaient pas été sollicités pour l’enquête quantitative.
Il ressort de cette enquête une forte implication des médecins du travail dans la prévention primaire des cancers d’origine professionnelle (93,5% d’entre eux sont confrontés aux risques de cancers en milieu de travail et à leur prévention).
Leurs sources et les supports d’information utilisés sont divers : la presse et les livres (pour 60% des médecins confrontés à la prévention des risques cancérogènes), Internet grand public ou via des moteurs de recherche spécialisés (45%), la formation continue (31%), les congrès et les colloques (20%), le recours aux agences et organismes publics (25%), les échanges entre confrères (15%), les cours et documents personnels (10%).
Le site Internet le plus utilisé est celui de l’Institut national de recherche et de sécurité, INRS (par 87,5% des moins de 50 ans et 75% des plus de 51 ans).
Les tableaux de maladies professionnelles sont le principal support d’information pour 97% des médecins, qui utilisent également les fiches toxicologiques, les fiches métiers, les fiches pour la visite d’entreprise, les questionnaires de repérage des expositions passées, les fiches d’aide au repérage des expositions, les fiches d’aide à la substitution par activité.
Près d’un médecin sur 3 estime ne pas pouvoir actualiser suffisamment ses connaissances (par manque de temps, par profusion d’informations ou existence d’autres priorités, absence de supports ou de formations adaptés).
Les médecins ont des attentes précises et réclament des outils sur la traçabilité des expositions et le suivi des personnes exposées, des documents sur la mise en œuvre des mesures de prévention voire des approches thématiques par branche d’activité, métiers ou types d’entreprise, mais aussi des informations actualisées régulièrement sur les outils disponibles, des recommandations de bonne pratique.
Ils souhaitent également des informations écrites à disposition des salariés, et insistent sur l’importance des relais en particulier vis-à-vis des médecins de soins.
(publié le 19 février 2013)