Gants en latex : usage professionnel et allergies

Prevent Focus, 2011, n°1, pp.14-17

De la sève blanchâtre de l’arbre à caoutchouc " Hevea Brasiliensis ", est extrait le latex, matériau de base des produits en caoutchouc naturel.
Diverses protéines sont contenues dans ce latex qui peuvent être responsables d’une allergie de type 1, déclenchée par contact avec la peau ou les muqueuses, par pénétration orale ou via les voies respiratoires. Le tableau clinique se manifeste par des réactions allergiques courantes (rougeurs, démangeaisons, œdème de la peau, eczéma, peau sèche, écoulement nasal, sternutations et dyspnée) et exceptionnellement par un choc anaphylactique. Une fois les anticorps créés, l’allergie survient lors d’une nouvelle exposition et les sujets réagissent plus fortement aux substances chimiques ajoutées au latex : c’est l’allergie de type IV ou retardée. Présentes dans l’air, ces substances chimiques ajoutées sont responsables de sternutations, de toux ou de difficultés respiratoires.
Mais la poudre utilisée pour enfiler les gants est une des causes majeures de l’allergie au latex : en effet cette poudre absorbe les protéines contenues dans le latex et les relargue dans l’atmosphère. Absorbées par voie respiratoire, elles peuvent être responsables d’asthme.
La prévention repose sur

  • idéalement un environnement sans latex (un hôpital de Liège en Belgique a fait ce choix), ou au moins le remplacement des gants en latex quand cela est possible par des gants en chlorure de polyvinyle, en nitrile ou en copolymère. Mais des difficultés subsistent en matière d’efficacité de protection vis-à-vis des agents pathogènes et en matière de coût.
  • une information des salariés appelés à utiliser des gants en latex rappelant la nécessité de se laver les mains après avoir enlevé les gants, encourageant le personnel à prendre soin de sa peau après l’utilisation des gants et leur apprenant à déceler rapidement les premiers signes d’allergie.

Une allergie au latex impose des mesures radicales : renoncer totalement à l’usage des gants en latex et occuper un poste de travail dans un environnement exempt de latex.
Une décision d’inaptitude pour les travaux comportant une exposition au latex doit être prononcée ; ce qui impose alors une réorientation professionnelle.

(publié le 17 mars 2011)