Indicateurs biologiques d’effets précoces.
Leur utilisation dans la prévention du risque chimique en santé au travail

F. Vicens Références en Santé au Travail, 2015, n°141, pp. 23-33. Bibliographie
Les indicateurs biologiques d’effets précoces sont d’une grande utilité en prévention ; il s’agit d’outils prédictifs qui visent à déceler une pathologie en lien avec une exposition professionnelle avant qu’une symptomatologie n’apparaisse. Ils se situent donc entre le biomarqueur d’exposition et le biomarqueur d’effets. Mais le lien n’est pas toujours facile à établir entre la découverte d’effets précoces et le développement d’une pathologie future.
Idéalement le marqueur d’effets précoces doit se situer à un stade subclinique lorsque la modification de l’organisme est encore complètement réversible.
Il va permettre d’évaluer l’efficacité des mesures de prévention, de détecter des groupes à risque, de contribuer à mieux connaître les mécanismes d’action des substances et d’être un élément pour la détermination des valeurs limites d’exposition professionnelle.
Les avancées scientifiques en protéomique et toxicogénomique permettent de découvrir de plus en plus de biomarqueurs et notamment de biomarqueurs d’effets précoces.
Mais il existe des limites techniques (il faut que le prélèvement soit simple, rapide, peu invasif, peu onéreux). Le test doit être suffisamment sensible, spécifique, avoir une bonne valeur prédictive et être reproductible. Il existe aussi des limites liées aux faibles connaissances des mécanismes qui lient exposition, marqueur et effet toxique recherché. La limite est enfin éthique : est-il acceptable de déterminer des paramètres biologiques en relation avec un risque de développement d’un cancer, sans lien clairement établi de causalité avec l’exposition ?
Si l’usage de ces biomarqueurs est possible en recherche et en épidémiologie, leur utilisation en pratique courante nécessite encore de valider bon nombre d’entre eux et d’établir des recommandations.
Leur manque de spécificité ne permet pas de les utiliser seuls et il est indispensable de les associer à d’autres examens complémentaires.
(publié le 11 mai 2015)