L’état des politiques de prévention en entreprise

T. Audiffren, J-M. Rallo Préventique, 2013, n°131, pp. 38-39

Une enquête quantitative d’envergure a été menée par questionnaire, auprès de 803 préventeurs, dans l’objectif de mieux les connaître, d’évaluer leurs déterminants, perspectives et obstacles à la mise en œuvre d’une politique de prévention des risques professionnels.
Trois types de préventeurs sont présents en entreprise :

  • les managers (60% de l’échantillon interrogé) ; responsables Hygiène sécurité environnement (HSE), Qualité sécurité environnement (QSE), Sécurité environnement (SE) et Qualité, hygiène sécurité environnement (QHSE), ils ont un niveau de formation de base élevé, jouent un rôle d’encadrement et gèrent un budget spécifique à la politique de prévention des risques professionnels ;
  • les préventeurs de terrain (18% de l’échantillon) ; rattachés à des directions opérationnelles et installés depuis longtemps dans l’entreprise, ils disposent d’un niveau de formation initiale faiblement élevé mais ont suivi une formation en matière de santé et de sécurité au travail (SST) ;
  • les animateurs SST (22% de l’échantillon). Récents dans la fonction, ils ont une formation initiale de niveau intermédiaire voire faible, mais une formation SST spécifique. ils n’ont pas de fonction d’encadrement et ne gèrent aucun budget.

Le développement de la politique de prévention est en lien avec la taille de l’entreprise ou l’appartenance à un secteur d’activité fortement réglementé ou à un groupe international (favorisant la culture en matière de SST).

La perception des préventeurs comme générateurs de contraintes et d’obligations est très forte dans les entreprises ayant une faible productivité et recourant énormément à la sous-traitance.
Globalement, les préventeurs se heurtent à des difficultés telles que la sensibilisation du personnel (45%), le manque de temps (21%), de ressources humaines et financières (16%), les contraintes de production (12%) et le manque d’implication de la direction (7%).
Peu d’outils permettent aux préventeurs de gérer efficacement leurs indicateurs ou de faciliter leurs relations avec la direction, les instances représentatives des salariés ou encore la médecine du travail. Ils privilégient souvent le recours à des experts (bureaux de conseil) et à des bases de données pour gérer leur conformité.

(publié le 2 janvier 2014)