La qualité de vie au travail : objectif à poursuivre ou concept à évaluer ?

J.L Tavani, G. Lo Monaco, L. Hoffmann-Hervé, M. Botella, J. Collange Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2014, vol.75, n°2, p.160-170. Références
La qualité de vie au travail (QVT) est une thématique qui intéresse les chercheurs depuis plus de 30 ans mais son intérêt dans le discours public est plus récent et cette QVT trouve son origine dans le mouvement des relations humaines qui vise à donner une place centrale à l’individu dans l’organisation du travail.
Elle est encore mal définie mais ses contours se dessinent. C’est une perception ; elle est donc subjective mais c’est aussi un concept large qui va être affecté par différents aspects de la vie de l’individu, dont le travail qui pourrait l’impacter.
La QVT peut être évaluée "à travers la perception qu’un individu a de ses conditions de travail" et l’on peut alors dégager des facteurs de risques psychosociaux ; elle peut être "envisagée sous l’angle d’un état de bien-être au travail, de satisfaction au travail globale ou encore de stress" et elle peut aussi "être envisagée empiriquement à travers des concepts plus complexes qui témoignent de la position de l’individu, vis-à-vis de son travail, à travers notamment l’engagement au travail". La QVT est donc "opérationnalisée" par des concepts déjà existants et disposant d’outils d’évaluation. Si la satisfaction au travail ne rend pas compte de l’intégralité de la QVT, il faut alors définir rigoureusement ce qui peut venir s’ajouter à la satisfaction au travail. L’évaluation devrait alors prendre en compte non seulement la perception que l’individu a de ses contraintes mais également des ressources dont il dispose. Il est alors possible d’atteindre un objectif de QVT en le traduisant au travers de deux finalités : un faible niveau de dimension négative découlant d’une perception équilibrée entre les contraintes et les ressources dont dispose l’individu et un niveau élevé de dimension positive.
Mais la QVT peut aussi être envisagée comme une facette de la qualité de vie générale des individus, dans la mesure où la qualité de vie générale va dépendre des choix personnels et de la culture environnementale. Il existe pour cela des outils : des mesures standardisées (utilisant des items qui prennent la forme de questions ou d’affirmations) et des mesures individualisées (qui reflètent au mieux la réalité des phénomènes étudiés et notamment la subjectivité inhérente à la construction de la qualité de vie).
C’est donc tout à la fois, une variable a évaluer, un objectif, un ensemble de méthodes managériales, un état idéologique à cultiver pour une meilleure satisfaction au travail, une plus grande motivation et plus largement une bonne santé au travail.
(publié le 25 septembre 2014)