Le travail s’intensifie en France

X. Molénat Sciences Humaines, 2014, n°263, pp.8-9

Selon une enquête de la Dares, menée auprès de 34 000 salariés en France,

  • 35% d’entre eux (contre 6% en 1984) subissent au moins trois contraintes de rythme (cadence d’une machine, dépendance vis-à-vis des collègues, surveillance permanente de la hiérarchie),
  • et un tiers des salariés subit des contraintes de type industriel et des contraintes de type marchand, notamment les ouvriers.

S’étend également la proportion de salariés :

  • dont le rythme de travail est imposé par un contrôle ou un suivi informatisé, principalement chez les cadres,
  • qui ne peuvent quitter leur travail des yeux ou qui doivent fréquemment abandonner leur travail pour une tâche plus urgente,
  • qui sont en contact avec le public (7 salariés sur 10).

La situation s’améliore dans le domaine des relations sociales :

  • augmentation des entretiens d’évaluation,
  • amélioration des conditions de travail (aide d’un collègue, abord collectif des questions d’organisation),
  • diminution de l’impression d’avoir à se dépêcher.

Ces évolutions sont davantage prononcées dans la fonction publique que dans le secteur privé, et plus généralement, le niveau d’intensité du travail reste fortement corrélé à la précarité de l’emploi.

"Le travail du XXIe siècle, s’il est plus intense, se fait donc semble-t-il, de manière moins isolée".

(publié le 16 février 2015)