Les conditions de travail en question

V. Leblanc Entreprise et Carrières, 2010, n°1015, pp.22-29
Le taux national d’absentéisme s’élève à 4,58% en 2009, soit 17,8 jours d’absence en moyenne par salarié et par an, en augmentation de 3,9% par rapport à l’année précédente. La cause principale serait d’ordre psychosocial. La crise au lieu d’atténuer le phénomène l’a renforcé. Près de 50% des journées de travail perdues dans l’Union européenne le sont à cause du stress et 1% d’absentéisme absorberait un peu moins de 1% à plus de 4 % de la masse salariale, selon les experts.
Le rôle des conditions de travail apparaît fondamental aux spécialistes du sujet.
Comment réduire cet absentéisme ? Sur 12 raisons proposées, les salariés français ont répondu : davantage de jours de congés, des incitations financières, davantage de flexibilité dans l’organisation et le temps de travail, un travail plus intéressant.
Les entreprises ont tendance à s’orienter vers les incitations financières, primes de présentéisme (mais qui qui créent un sentiment d’injustice) et contre-visites médicales à la demande des employeurs (qui ont un effet semble t-il dissuasif, même si les absences abusives sont considérées comme mineures).
D’autres initiatives sont centrées sur la promotion de la santé globale des salariés : habitudes de vie, pratique de gestion (communication, reconnaissance, autonomie), équilibre vie privée/travail, environnement de travail.
Certaines entreprises ont généralisé l’entretien de retour au poste, voire l’entretien de réaccueil pour les absents de longue durée afin de dédramatiser l’absence. Une sensibilisation des managers aux risques psychosociaux a été initiée dans certaines entreprises.
(publié le 9 novembre 2010)