Prévention des lombalgies chroniques en câblerie : une recherche-action en entreprise

A.M. Begué-Sion, J. Chaperon Santé publique, 2008, n°5, pages 433-443. bibliographie

Cet article présente une recherche-action menée chez un constructeur automobile. Des ateliers de gymnastique du dos et de réentraînement à l’effort ont été mis en place à l’attention des salariés (au nombre de 64) ayant un antécédent de lombalgie peu ou pas invalidant et des salariés de l’atelier de câblerie en voie de reclassement. Il a été proposé à ces salariés de bénéficier d’un bilan médical (effectué sur le lieu de travail au service médical du site industriel) et de répondre à un auto questionnaire permettant d’apprécier leur état fonctionnel, leur perception de la douleur et leur ressenti dans la vie quotidienne. Les salariés étaient ensuite orientés vers des ateliers de gymnastique du dos et de réentraînement à l’effort encadrés par un kinésithérapeute sur le lieu de travail et pendant le temps de travail. A l’issue de trois mois de la fréquentation de ces ateliers, les salariés étaient de nouveau évalués par le médecin qui avait pratiqué l’examen initial. Au total, la participation aux ateliers a été faible (19 personnes). « Parmi les salariés ayant participé aux ateliers et s’étant déclaré motivés pour y participer, le rôle préventif des ateliers est perçu comme une possibilité d’apprentissage d’habiletés protectrices du rachis ; parmi ceux n’ayant pas participé aux ateliers et sans motivation pour le faire, il est retrouvé une insatisfaction dans leurs conditions de travail ». La poursuite d’une telle action semble pertinente pour les responsables d’unité rencontrés, les médecins du travail et les kinésithérapeutes. « Il semble que tout l’intérêt de la présence d’un kinésithérapeute serait d’accompagner les personnes en difficulté sur leur poste de travail par un travail d’observation, d’écoute et de conseil ». A l’avenir, il serait souhaitable que cette action bénéficie d’une meilleure communication avec notamment une information précise des salariés qui lorsqu’ils « sont en situation de reclassement ou de réduction des capacités, sont vulnérables psychologiquement ».

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(publié le 28 janvier 2009)