Prévention des troubles musculosquelettiques liés au travail : le bon et le moins bon

L. Eeckekaert Prevent Focus, 2011, n°8, pp.12-17

Les TMS sont des troubles d’origine multifactorielle qui apparaissent lorsque l’équilibre entre la capacité individuelle d’un travailleur et la charge de travail externe imposée est rompu. La charge de travail est elle-même le fruit de l’interaction entre un certain nombre de facteurs physiques, la posture et d’autres facteurs de nature psycho-sociale. Les facteurs de risque des TMS sont constitués par des facteurs externes (liés à l’exercice d’une profession,d’une activité de loisir ou d’activités ménagères) et des facteurs personnels (individuels).

De nombreuses études ont montré que les interventions techniques effectuées sur le lieu de travail pour réduire le risque de TMS avaient pour objectif de réduire la charge de travail. Ces interventions consistent essentiellement en l’élimination ou la réduction des risques liés à la manutention manuelle des charges, au travail dans de mauvaises postures et au travail répétitif. C’est ainsi qu’ont été initiées des actions de mécanisation et d’automatisation, de conception et de réaménagement ergonomique des lieux de travail, d’équipement ergonomique, d’équipements de protection individuelle.
Parallèlement, des interventions organisationnelles ont été menées visant à améliorer les processus de travail ou les tâches effectuées par les travailleurs.
De plus, les informations diffusées au personnel et les interventions individuelles proposées, regroupant les formations type écoles du dos et du cou, les programmes spécifiques visant à approprier les bonnes postures et méthodes de travail et la pratique d’exercices de renforcement musculaire sont de nature à diminuer l’apparition de douleurs lombaires.
Différentes analyses systématiques ont montré que des mesures isolées s’avéraient inefficaces et la démarche ne pouvait être couronnée de succès que si l’approche était exhaustive et intégrale.
Mais toutes ces conduites doivent être portées par une culture de la prévention adaptée. En effet, une approche participative favorise l’implication active des travailleurs dans la mise en œuvre des différentes démarches visant à la réduction des TMS. Tout cela suppose "un engagement fort de la part de la direction et du management, une volonté d’investir dans des stratégies innovantes en termes d’organisation du travail et de développement du personnel, une attention soutenue à la communication et aux rapports, ainsi qu’un développement des qualités de leadership des supérieurs hiérarchiques."

(publié le 30 janvier 2012)