Quand l’infirmer mène l’entretien

E. Phan Can Thé Préventique, 2015, n°140, pp. 39-42
La démographie médicale défavorable a favorisé l’émergence des infirmiers diplômés d’Etat en santé au travail (IDEST) à côté d’autres préventeurs dans les services de santé au travail.
Depuis le 1er juillet 2012, le médecin du travail peut leur confier certaines de ses activités sous sa responsabilité et dans le cadre de protocoles écrits. Il en est ainsi des entretiens infirmiers en santé au travail qui permettent de moduler la périodicité des examens médicaux sous réserve que l’infirmier ait été formé à la santé au travail : DIUST, licence, voire VAE (et ce, dans l’année qui suit l’embauche). Ces entretiens s’inscrivent dans le suivi périodique des salariés sans pouvoir se substituer aux examens médicaux d’embauche, de reprise et de préreprise qui restent de la responsabilité du médecin du travail. Ils donnent lieu à la délivrance d’une attestation de suivi infirmer (ne comportant aucune mention relative à l’aptitude du salarié). L’infirmier garde la possibilité d’orienter le salarié vers le médecin du travail (ce qui se pratique dans 15% des cas).
L’effectif des salariés attribués à ces IDEST est de 1000 salariés de l’effectif de son médecin attitré pour un 50% équivalent temps plein. Il est de 1 800 salariés de l’effectif global de l’équipe pluridisciplinaire centrée autour du médecin pour un 100% d’ETP d’IDEST.
En 2007, le nombre moyen de salariés pris en charge par l’IDEST était de 900 à 1 2060. L’activité des infirmiers se répartit ainsi : 50% surveillance médicale des salariés et activités liées à la fonction infirmier, 14% action en milieu de travail, 10% éducation collective et formation, 5,6% autres tâches sans lien avec l’activité médicale, 5,8% information au médecin du travail.
Il paraît possible "d’alterner les visites médicales et les entretiens infirmiers, avec des objectifs basés sur des actions de prévention en santé publique et des examens complémentaires a minima et peu invasifs pour surveiller la tolérance aux biorythmes particuliers".
Cette transposition des tâches permettrait de mieux prioriser les autres visites médicales et pourrait être une réponse pertinente au manque de médecins du travail pour maintenir un suivi clinique et régulier des travailleurs.
(publié le 16 juillet 2015)