Questionnaire TMS de l’INRS :
utilisation dans les entreprises de conditionnement du secteur de la parfumerie

R. Denoncin, L. De Parscau, C. Djaouti, E. Léandre, D. Rougeron, V. Rol, C. Sutra, N. Titon Documents pour le Médecin du Travail, 2010, n°123, pp.287-293. Bibliographie
Le conditionnement dans l’industrie de la parfumerie et de la cosmétique est pourvoyeur de troubles musculosquelettiques (TMS). Afin d’élaborer une démarche de prévention, un état des lieux a été établi.
Quatre entreprises ont participé à l’enquête regroupant 630 salariés et 426 questionnaires ont pu être exploités. Ces questionnaires avaient pour objectif de recueillir des informations sur la population étudiée, les données socioprofessionnelles, les facteurs biomécaniques, les facteurs psychosociaux, les facteurs extra-professionnels.
La moyenne d’âge est égale à 43,4 ans, équivalente pour les hommes et pour les femmes. 80% des répondants sont polyvalents sans que cette polyvalence ne s’accompagne d’une modification des contraintes physiques ou gestuelles (ce qui n’est pas a priori, un moyen de prévention des TMS).
Les plaintes les plus souvent rapportées concernent le rachis (cou, haut du dos et bas du dos) en lien avec la manutention, le fait d’être mal assis, de ne pas avoir suffisamment de place et de piétiner au poste de travail. Celles concernant les membres supérieurs n’arrivent qu’au second plan.
34% des répondants ont eu un arrêt de travail pour TMS dans les 12 mois précédant l’enquête, et pour 8,5%, la durée de l’arrêt a dépassé quatre semaines.
57% des sujets enquêtés se disent un peu stressés et 26% beaucoup ou énormément. Les salariés doivent travailler vite et être productifs. Le collectif de travail fonctionne plutôt bien entre collègues mais un peu moins de 50% des répondants ont un sentiment de reconnaissance de leur travail par leur entourage professionnel.
Les salariés ont globalement moins de 30 minutes de temps de trajet mais assurent pour la plupart 1 à 3 heures de tâches domestiques quotidiennes ; plus de la moitié des répondants déclarent moins de deux heures de temps de loisirs par semaine et seulement 34,7% pratiquent une activité sportive.
Les résultats ont été restitués à chaque entreprise en permettant de comparer celle-ci aux résultats globaux.
Ce questionnaire est considéré comme un outil d’évaluation, premier stade d’une démarche d’action contre les TMS. Les résultats ont permis d’engager une réflexion de fond intégrant organisation du travail, facteurs biomécaniques et prévention dès la conception.
(publié le 9 novembre 2010)