Repenser le travail pour réduire la fatigue

V. Dobigny Face au Risque, 2015, n°518, pp.9-10
Si la fatigue intense liée au travail est bien reconnue au Japon et porte le nom de karoshi, elle est prise en compte et des actions préventives ont été menées.
En France, on parle de syndrome d’épuisement professionnel, de burnout, de syndrome de fatigue chronique en lien avec le stress, les horaires décalés ou des difficultés de sommeil. En France, une personne sur quatre a des problèmes de somnolence chronique, ce qui perturbe l’attention au travail et peut provoquer des accidents de trajet et de travail.
La situation la plus à risque est le travail posté qui fait perdre une à 4 heures de sommeil. La réorganisation des horaires s’impose : mieux vaut privilégier les rotations en 2X8, plutôt que celles en 3X8, en 5X8 ou des postes de 12 heures, avec mutation du personnel tous les 2 ou 3 ans.
L’hypovigilance étant manifeste entre 1h et 4h du matin, il convient d’aménager en fonction, le poste de travail.
Pour compenser la fatigue des travailleurs diurnes, rien ne vaut une sieste de 15 minutes entre 13h 30 et 14h 30 après le déjeuner. Certaines entreprises ont déjà prévu des espaces dédiés au repos.
Enfin, les règles à appliquer pour un bon sommeil doivent être rappelées : avoir des horaires réguliers, créer un environnement propice à l’endormissement, éviter le soir les excitants ou les repas trop copieux, pratiquer une activité physique régulière mais loin des heures du coucher, éviter le grignotage, et au travail faire de courtes pauses et s’aérer régulièrement.
(publié le 3 mars 2016)