Risques professionnels et prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles : perception dans les entreprises de moins de 50 salariés

P. Laine, M. Malenfer Références en Santé au Travail, 2015, n°141, pp.13-16
Après deux enquêtes successives en 2007 et 2010 sur les risques professionnels dans les petites entreprises de moins de 50 salariés, l’INRS a mené une nouvelle enquête en fin d’année 2014, auprès de 1002 chefs d’entreprise : 652 entreprises (PE) de 10 à 49 salariés, 170 très petites entreprises (TPE) entre 1 et 9 salariés et 180 sans salariés.
Le niveau de préoccupation des entreprises sur les questions de santé et de sécurité recule de 25 à 16% dans les TPE et de 18 à 14% dans les PE. Mais les entreprises sont plus nombreuses à avoir mis en œuvre des mesures de prévention, et principalement des équipements de protection individuelle.
Pour s’informer, les chefs d’entreprise recourent aux organisations professionnelles et à la documentation des organismes de prévention mais de plus en plus aux notes techniques des fournisseurs ; les supports informatiques sont privilégiés par rapport aux supports papiers.
Les mesures de prévention envisagées par les entreprises sur les deux prochaines années sont faibles. La prévention est principalement perçue comme une contrainte et les bénéfices de la démarche n’apparaissent pas comme un levier de performance de l’entreprise.
Les entreprises sont nombreuses à avoir mis en place leur document unique (90% des PE et 70% des TPE). Les principaux risques estimés pour les PE sont le risque routier et celui lié à l’activité physique et pour les TPE, le risque lié à l’activité physique et celui de chute de plain-pied. 9% des PE estiment qu’il n’y a pas de risque dans leur entreprise contre 35% dans les TPE.
L’interlocuteur de référence en santé et sécurité reste très majoritairement le service de santé au travail pour 49% de PE et 34% des TPE et il est celui qui bénéficie aux yeux des employeurs de la plus grande crédibilité dans ce domaine. La confiance dont il bénéficie est propice à la délivrance de messages de prévention, à condition qu’ils soient ciblés et empreints d’une réalité professionnelle.
(publié le 11 mai 2015)