S’approprier son travail

J-F. Dortier Sciences Humaines, 2015, n°272, pp. 54-57. Bibliographgie

Pour le même poste, il est plusieurs manières de le tenir et il n’existe pas deux façons identiques de l’occuper ; cela se concrétise de diverses manières touchant tout à la fois l’emploi du temps, les méthodes, la gestion ou l’organisation du travail. L’auteur retient diverses approches possibles du phénomène :

  • l’acte de résistance pour répondre à l’oppression (il en était ainsi des ouvriers des usines tayloriennes confrontés à des tâches répétitives), se manifestant par un ralentissement volontaire des cadences, que le père de l’organisation scientifique du travail (OST) qualifiait aussi de flânerie systématique,
  • l’action stratégique (petits "jeux" pour défendre son territoire),
  • l’affirmation de son identité en accommodant le travail à sa guise, rusant afin d’améliorer son confort, défendre sa conception du travail ou tout simplement courir après une forme de reconnaissance,
  • le pouvoir d’agir qui correspond à "une aspiration fondamentale, celle de choisir, penser et maîtriser son activité comme on l’entend"....... et "rien n’est plus frustrant que de se voir commander, dicter sa propre conduite, et empêcher de faire comme on le veut". Ce serait la principale source des souffrances au travail.

Le travail ne se réduit pas à l’exécution servile de protocoles, consignes, cahiers des charges. L’appropriation n’est autre que cet espace de liberté que les gens s’aménagent, pour déployer leur propre espace, leur liberté et leur créativité.

(publié le 4 septembre 2015)