"Saisir l’opportunité de la visite médicale du travail pour aborder la question de la consommation de l’alcool"

interview de G. Demortière par Y. Géry La Santé en Action, 2013, n°425, pp. 45-46. Bibliographie
"Quand on fait de la prévention collective en entreprise, on s’intéresse à tous les acteurs, des cadres de direction aux opérateurs de terrain. Il nous faut donc contribuer à ouvrir le dialogue sur la consommation des produits psychoactifs -licites ou illicites- de la même façon et avec tous".
Il est important de "saisir l’opportunité de la visite médicale du travail pour aborder la question de la consommation d’alcool" et donc de questionner systématiquement les salariés sur leur consommation. Cela fonctionne si on leur ouvre la porte du dialogue et de l’échange, sous le sceau du secret professionnel.
Mieux vaut un dialogue en confiance qu’un dépistage.
Les experts recommandent le repérage clinique en utilisant des questionnaires validés d’évaluation de façon à évaluer le niveau de risque.
Si le salarié est dans une consommation à risque (7% des actifs), l’intervenant délivre une information brève (10 minutes maxi) visant à susciter chez le salarié l’envie de réduire sa consommation. Cette technique fonctionne mais elle est rarement utilisée car sur 6 800 médecins du travail en France, seuls 8% d’entre eux sont formés à cette stratégie.
Une enquête menée par l’Inpes a montré que sur 750 médecins du travail, près de 90% interrogent le salarié sur sa consommation de tabac mais ils ne sont plus que que 46% à le faire pour l’alcool. Or seul l’alcool a des répercussions sur le plan sécuritaire en milieu de travail.
Pour les salariés en situation de dépendance (1% des actifs), il convient de les adresser à leur médecin traitant ou à une consultation spécialisée d’addictologie.
(publié le 25 novembre 2013)