La prévention au travail, vue par les employeurs

S. Almira Santé et Travail, 2016, n°96, pp. 42-44

Selon l’enquête Conditions de travail 2013, réalisée auprès des employeurs, 38% des établissements déclarent que certains de leurs salariés (la moitié dans une entreprise sur dix) sont exposés à des risques physiques (essentiellement manutention manuelle de charges lourdes et postures pénibles).
Les risques psychosociaux (RPS) sont aussi évoqués en lien notamment avec le travail dans l’urgence.
Tous ces risques doivent être consignés dans le document unique d’évaluation des risques (DUER) mais moins de la moitié des entreprises a élaboré ou actualisé ce document dans les 12 derniers mois.
Le secteur hospitalier et les grands établissements du secteur privé sont les meilleurs élèves.

57% des employeurs assurent avoir mis en œuvre des mesures de prévention durant l’année écoulée, 14% d’entre eux ayant simplement poursuivi les actions antérieures. Ce qui revient à dire que 44% n’ont entrepris aucune action de prévention. La moitié des TPE n’en ont mis en œuvre aucune ; les autres se contentent le plus souvent de mettre à disposition de nouveaux équipements de protection individuelle.
Dans le secteur privé, les mesures de prévention sont plus fréquentes dans les établissements où un accident de travail a eu lieu au cours des 12 derniers mois.
La prévention passe aussi par la surveillance médicale renforcée (SMR) qui vise les salariés exposés à des risques spécifiques (et notamment les métiers de l’industrie et les hôpitaux).

En matière de prévention, les employeurs peuvent trouver de l’aide auprès de divers organismes ou institutions, dont le service de santé au travail. La sollicitation de conseils concerne plus souvent les établissements de grande taille et va souvent de pair avec la présence d’une direction des ressources humaines, d’un CHSCT, d’une présence syndicale ou d’une grève au cours des 12 derniers mois.
Pour prévenir les risques psychosociaux (RPS), 24% des établissements ont adopté une mesure d’ordre collectif, 22% des mesures individuelles et 14% ont choisi la formation spécifique des salariés ou des managers à cette problématique des RPS. Enfin le télétravail peut être une mesure anti-RPS. Si elle concerne 2% de l’ensemble des salariés, elle s’applique à 10% des effectifs quand les tensions entre collègues sont évoquées par les employeurs pour plus de la moitié des salariés.

(publié le 16 décembre 2016)