Santé au travail, le maillon faible de la santé publique

W. Dab Préventique, 2016, n°149, pp.32-33
William Dab, ancien directeur général de la Santé, dénonce un système de soins performant mais un système de prévention insuffisant. Le lien entre santé et travail est souvent perçu comme négatif alors que le rôle protecteur du travail est avéré.
Il est bien reconnu que "l’investissement dans les actions de prévention en milieu de travail est très rentable non seulement en termes économiques mais également en termes managériaux".
Il faut concevoir la prévention de façon différente et ne plus se focaliser sur les seuls risques professionnels mais élargir la prévention à la santé globale, "en ciblant aussi les pathologies chroniques, notamment les cancers, les pathologies cardiovasculaires et rhumatismales, ce qui implique des actions sur l’activité physique, la nutrition et le dépistage des grands facteurs de risques". L’efficacité est dès lors plus grande mais l’employeur ne peut-il être taxé d’intrusion dans la vie privée des salariés ? Ce débat est à mener au sein des instances représentatives du personnel.
L’État devrait soutenir cet effort de prévention en entreprise. C’est déjà ce que promeut le troisième plan "Santé travail ", mais William Dab propose d’aller plus loin et de créer un crédit impôt prévention à l’image du crédit impôt recherche déjà existant.
Parallèlement, les données sociales produites par les entreprises de plus de 50 salariés pourraient être exploitées pour guider des actions de prévention.
Enfin, toujours selon William Dab, il paraît raisonnable de ne pas s’en remettre aux seuls experts et de "mobiliser tous les acteurs de l’entreprise au-delà des exigences réglementaires", mais aussi de faire le lien entre la prévention et la performance.
(publié le 4 janvier 2017)