Surcharge de travail en fonction de l’environnement de conduite, de l’expérience des conducteurs et de leur état interne

J. Albentosa, C. Berthelon, E. Galy Le Travail Humain, 2017, vol.80, n°4, pp. 395-416. Bibliographie

Cet article se centre sur la surcharge de travail et les facteurs l’influençant.
L’objectif est d’établir les relations existant entre la complexité de l’environnement, l’expérience de conduite, l’anxiété et la vigilance afin d’expliquer le niveau de charge de travail et d’identifier les situations pouvant être caractérisées par une surcharge de travail et favorisant la survenue d’accidents.
Il s’articule en trois parties.

  • La première présente des études permettant de comprendre l’effet de la complexité des environnements de conduite sur la survenue d’une surcharge de travail. En effet, les situations de conduite se définissent comme les interactions entre les composantes du système humain-véhicule-environnement et les situations se complexifient si la route est urbaine, péri-urbaine, avec des virages et des intersections et une forte densité de travail à laquelle s’ajoutent parfois des conditions météorologiques défavorables.
  • La seconde s’intéresse à l’effet de facteurs individuels (expérience de conduite, état interne du conducteur notamment sa vigilance et son anxiété) sur ce phénomène. Les conducteurs novices ont une mauvaise évaluation de la difficulté de la conduite et ils anticipent moins que les plus expérimentés. La surcharge de travail est aussi fonction de l’état interne (fatigue, somnolence, énervements, sentiment de calme).
  • La troisième partie met en exergue les interactions entre la complexité des environnements de conduite et les facteurs individuels pouvant entraîner une surcharge de travail, potentiel facteur accidentogène.

Les environnements simples et monotones ainsi que les environnements très complexes sont susceptibles de provoquer une augmentation de la charge de travail, entraînant une baisse de vigilance et une détérioration des performances. Enfin, un état interne durant la conduite caractérisé par une activité générale élevée (fortes dépenses énergétiques et corrélation négative entre la vigilance et l’anxiété) provoque des détériorations de performance via une augmentation de la charge de travail.
Réciproquement la hausse de la charge peut diminuer la vigilance et augmenter l’anxiété durant la conduite.

Ce modèle théorique pourrait être testé chez les jeunes conducteurs afin de comprendre l’origine précise des faibles performances de conduite chez cette population et de concevoir des formations adaptées les préparant à des environnements simples et monotones de plus en plus complexes.

(publié le 16 avril 2018)