Micro et nanoparticules comme possibles co-facteurs pathogénétiques dans la cryoglobulinémie mixte
Micro and nanoparticles as possible pathogenetic co-factors in mixed cryoglobulinemia

E. Artoni, G.L. Sighinolfi, A.M. Gatti, M. Sebastiani, M. Colaci, D. Giuggioli, C. Ferri Occupational Medicine 2017, vol 67, n°1, pp. 64-67. Bibliographie.

La cryoglobulinémie mixte (MC) est une maladie multi-systémique rare dont l’étiopathogénèse est incomplètement comprise. L’infection par le virus de l’hépatite C (HCV) peut avoir un rôle causal, et des facteurs génétiques et/ou environnementaux peuvent également avoir un rôle contributif.
Cette étude italo-américaine s’intéresse à la présence et au rôle possible d’agents environnementaux dans la MC.
Les auteurs ont recruté 30 patients ayant une MC et infectés par le HCV, ayant différentes manifestations cliniques et un groupe témoin de 30 volontaires en bonne santé, appariés sur le genre et l’âge. Des échantillons de sérum de chaque patient ont été collectés et incubés à 4°C pendant 7 jours pour obtenir des échantillons de cryoprécipité. Les auteurs ont utilisé un microscope électronique à balayage environnemental (ESEM) et une micro-analyse par spectroscopie à rayons X à dispersion d’énergie pour vérifier la présence de microparticules (MPs) et nanoparticules (NPs) dans les échantillons de sérum et de cryoprécipité.

Une évaluation de l’exposition environnementale a été réalisée à l’aide d’un questionnaire médical et du curriculum laboris pour chaque sujet.
Les patients atteints de MC avaient un risque d’exposition professionnelle significativement plus élevé (OR = 5,6 ; IC 95 % de 1,84 à 17,50) que les témoins.
L’évaluation par ESEM a révélé une concentration significativement plus élevée, exprimée en nombre de points positifs (NS), de particules sériques inorganiques chez les patients atteints de MC comparée aux témoins (moyenne NS= 18, écart-type = 16 pour les MC versus NS 5,4 ; écart-type = 5,1 pour les témoins : p< 0,05).
Les échantillons de cryoprécipité de patients MC ont montré des concentrations élevées de particules inorganiques (moyenne NS 49 ; écart-type = 19). Une forte corrélation entre les niveaux de NS et de cryocrite a été retrouvée : c’est-à-dire le pourcentage de cryoprécipité/sérum total après centrifugation à 4°C (p<0,001).

Ainsi, en plus de l’infection par le virus de l’hépatite C, les microparticules et les nanoparticules pourraient jouer un rôle important dans l’étiopathogénèse de la cryoglobulinémie.

(publié le 20 février 2018)