Toxicité du chlorure de vinyle

C. Forlini, B. Bancel, J-C. Besson, L. Fontana, V. Chipier EMC, Encyclopédie médico-chirurgicale, Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2021, vol.40, n°2, 16-047-F-10, 16 pp. Références
Le chlorure de vinyle monomère (CVM) est un gaz dangereux, extrêmement inflammable, utilisé principalement dans l’industrie des matières plastiques. La principale source d’exposition est professionnelle par inhalation, mais la population générale peut être exposée par inhalation d’air pollué, consommation d’eau potable contaminée ou consommation de denrées alimentaires emballées dans du PVC.
La toxicité aiguë du CVM est principalement neurologique (vertiges, nausées, fatigue, désorientation, somnolence, perte de mémoire et céphalées).
La toxicité chronique concerne l’endothélium vasculaire au niveau des doigts (acrosyndromes) et du foie (fibrose portale spécifique).
D’autres symptômes liés à de fortes expositions ont été décrits et associés à la "maladie du chlorure de vinyle" (somnolence, asthénie, troubles digestifs évocateurs d’ulcère, nausées, anorexie).
Le CVM est considéré comme mutagène.
Le foie est le principal organe cible après une exposition chronique au CVM : stéatoses, inflammations, fibroses, mais le principal danger est sa cancérogénicité hépatique avec une atteinte du foie et de l’endothélium vasculaire (angiosarcomes hépatiques et carcinomes hépatocellulaires).
Les salariés exposés au CVM bénéficient d’un suivi individuel renforcé.
L’information doit être donnée aux salariés exposés sur les risques potentiels pour leur santé et les règles de prévention seront rappelées régulièrement.
La surveillance des marqueurs hépatiques se fera tous les cinq ans, la biologie hépatique standard étant effectuée plus souvent.
Une surveillance post-professionnelle est indispensable et comporte un examen clinique médical, un dosage des transaminases et une échographie abdominale de l’étage sus-mésocolique tous les deux ans.
Les tableaux n°52 et 52 bis de maladies professionnelles indemnisent les affections provoquées par le chlorure de vinyle monomère.
(publié le 15 novembre 2021)