Les nanomatériaux : un risque sournois

C. Barruyer Prévention BTP, 2016, n°200, pp.50-52
La question des nanomatériaux émerge dans le secteur du BTP en raison de nombreuses innovations technologiques.
Depuis 2013, les produits concernant des nanoparticules doivent être déclarés. Le registre est géré par l’Anses (www.r-nano.fr). Au premier rang, les peintures et vernis, mais aussi les ciments, les gaines, les canalisations, les nanotubes de carbone intégrés dans le béton, les oxydes de silicium, le dioxyde de titane, etc.....
Lors des processus de travail, des poussières et des fumées sont dégagées mais les méthodes de mesurage réglementaires ne les reconnaissent pas.
Pour évaluer les situations de travail à risque, le CHU de Bordeaux a créé la base de données Ev@lutil (www.isped.u-bordeaux.fr).
Le risque engendré par les nanoparticules est lié à leur petitesse qui leur permet de franchir toutes les barrières biologiques et d’atteindre de nombreux organes cibles dont le système nerveux central.
Dans le secteur du BTP, la contamination se fait essentiellement par inhalation (translocation des nanomatériaux des poumons jusqu’aux ganglions lymphatiques et vers la circulation sanguine).
La prévention collective repose sur la limitation de l’empoussièrement (travail à l’humide, aspiration à la source et filtres adaptés) et la prévention individuelle passe par l’utilisation de masques P3 qui paradoxalement captent les nanoparticules de 50 nm plus efficacement que les particules plus grosses.
Il convient de rester prudent car il persiste beaucoup d’inconnues face à ces nanomatériaux.
(publié le 2 décembre 2016)